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MY
ANIMAL'S COMFORT
L’endroit était sombre et sale. C’était un lieu invariablement obscur
et vide. Il s’agit d’une sale salle sale, grise et désaffectée, où des
moutons engraissés par la torpitude de leur inertie qui auraient traversé
la Moscova a la nage se mettent à jouer au loup à l’approche d’un inconnu.
Cet inconnu est M.T, le grand profanateur, l’illustre dérangeur céleste,
le fouteur en l’air dans l’absolu, le le grand bordelisateur dans un pantalon.
Le lieu était terne et mal éclairé. C’était un endroit sans l’ombre d’un
doute inhabité et… mais avec l’ombre d’un vasistas dans laquelle la lumière…
où flottent des atomes des poussière dans un silence agonisant ( petits
angelots décadents dans une piscine asséchée ). Il s’agit d’un début de
surface habitable, couverte, évidée, éviscérée, aux murs enduits de sel
et séchant dans la fraîcheur d’une ruelle, d’un immeuble au-dessus,
d’une cave en-dessous et de quelquechose sortant du même champ lexical
sur le côté. Pas un meuble, pas une table, pas un tabouret, pas une armoire,
pas un livre de chevet, un tube d’aspirine, pas l’ondoiement d’un lustre,
pas un lit aux saveurs de moisi et de musc, pas un tapis (persan, arabe,
chinois, mongol, russe, auvergnat ou sud-américain), pas une tasse à café,
pas le marc ni la cuillère qui vont avec, pas un piège à souris, pas une
scène d’amour ou de haine conjugale, pas de miettes de biscottes sur le
parquet ciré, pas de berceau et de chat crevé, pas d’enfant braillard
ni de porte que l’on frappe, pas de grincements, d’odeur de brûlé, de
chaussures pleines de boue, de baignoire qui déborde, de secrets, d’habitudes,
de grille-pain, de réfrigérateur rose toujours vide, d’inceste et de miroir
brisé, pas de sept ans de malheur et d’ordinateur débranché, pas de poissons
rouges en train de crever de faim dans un bocal rond, pas de famille nombreuse,
de couple libéré, de cafards écrasés, pas de poster, de boîte à crayon,
pas d’histoire, pas d’amour, pas de deuil, pas de dents de sagesse, pas
de lait caillé, pas de verres à laver, pas de pièce d’un penny coincée
dans les recoins d’un sofa bordeaux, pas de radio qui gueule tous les
matins, pas de toilettes javellisées, pas de solitude, pas d’ivresse,
pas de retour du travail l’air morose, pas de pantoufles à motif écossais,
pas de salon kitsch ou de cuisine rustique, pas de passoire pleine de
thé et de poubelles à vider, pas de suicide, pas d’électricité. Non, mais
des gravas, de ombres et des recoins nus, des maculatures sur les murs
et la quiétude. Et un Éros désailé faisant la nique au bon Dieu.
Shanti.
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